L'affaire Merah ne fait que commencer !

Sa vie, sa mort et même son inhumation suscitent de nombreuses interrogations. Après de nombreux rebondissements, l’enterrement de l’auteur présumé des tueries de Montauban et Toulouse a finalement lieu ce jeudi en France. La dépouille de Mohammed Merah a été enterrée dans le carré musulman du cimetière de Cornebarrieu, à 5 kilomètres de Toulouse.

Une quinzaine de personnes seulement, des jeunes pour la plupart, ont accompagné la dépouille enfermé dans un cercueil en bois clair et aux poignées dorées.

Elles ont rapidement commencé à prier, selon les journalistes présents mais tenus en dehors du cimetière placé sous la surveillance des gendarmes et d’un hélicoptère.

Dans la matinée du jeudi, l’Algérie avait refusé que Mohamed Merah soit enterré sur son territoire, comme le souhaitait la famille, notamment son père qui vit e Algérie. Ses obsèques ne mettent pourtant pas un terme à cette étrange affaire.

Merah, l’indic ?

Plusieurs médias, reprenant les déclaration du patron du renseignement intérieur français, Bernard Squarcini, ont soulevé l’hypothèse que Mohamed Merah, était un indicateur de la DCRI. Dans un entretien au quotidien « Le Monde », Bernard Squarcini, révèle, lui même, que Mohamed Merah, de retour du Pakistan, a rendu compte de son périple au Moyen Orient à un policier de la direction régionale du renseignement intérieur (DRRI) de Toulouse qui l’avait interrogé en novembre 2011. On apprendra, par la suite, que cet officier, est une femme d’origine maghrébine, avec laquelle Merah, selon Squarcini, « avait noué une relation de confiance ».

L’ancien patron du contre espionnage français, DST, Yves Bonnet, s’était interrogé dans la presse notamment à propos de l’existence d’un officier traitant pour Mohamed Merah. « Car ce qui interpelle quand même, c’est qu’il était connu de la DCRI, non pas spécialement parce qu’il était islamiste, mais parce qu’il avait un correspondant au renseignement intérieur ». « Or avoir un correspondant, ce n’est pas tout à fait innocent. Ce n’est pas anodin », a t-il déclaré à La Dépêche du Midi . « Appelez ça correspondant, appelez ça officier traitant… Je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations, voire cette collaboration avec le service, mais on peut effectivement s’interroger sur ce point », a ajouté Yves Bonnet.

Merah, le grand voyageur

C’est encore, Bernard Squarcini, qui révèle les voyages de Mohamed Merah. Dans l’entretien accordé au quotidien « Le Monde », Squarcini, retrace le périple : « il Il a passé du temps chez son frère auCaire après avoir voyagé au Proche-Orient : Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, et même Israël. A Jérusalem, la police découvre un canif dans son sac puis le relâche. Ensuite, il se rend en Afghanistan en passant par le Tadjikistan. Il prend des parcours qui sont inhabituels et n’apparaît pas sur nos radars, ni sur ceux des services extérieurs français, américains et locaux. Il arrive le 13 novembre à Kaboul, il est contrôlé le 22 novembre à Kandahar et il rentre en France le 5 décembre 2010» précise le patron de la sécurité intérieure française, la DCRI.

Selon le quotidien algérien « Liberté » le jour de sa mort, soit le 22 mars dernier, Mohamed Merah n’avait pas de passeport français…valide. Il avait expiré près de quatre ans avant.

Merah n’avait plus de passeport français

Citant des sources sécuritaires le quotidien précise qu’un seul passeport français a été délivré à Mohamed Merah. Né le 10 octobre 1988 à Toulouse, il n’a fait qu’une seule demande au niveau de la mairie de la ville. Son passeport français lui a été délivré le 22 avril 1998 (il avait donc 09 ans, 5 mois et 12 jours) à Toulouse et il ne l’a jamais renouvelé. Le document français étant valide pour 10 ans, Mohamed Merah ne pouvait donc plus voyager à l’étranger avec son passeport français depuis le 22 avril 2008.

Par contre, son passeport algérien était encore valide. Le 20 juillet 2005 il avait obtenu ce document officiel algérien au niveau du consulat de Toulouse. Il lui a été renouvelé le 20 mars 2010, toujours dans le même consulat.

Ainsi, depuis le 22 avril 2008, Mohamed Merah ne pouvait voyager (légalement) en dehors de la France qu’avec un passeport algérien.

Pour ses déplacements en Algérie, le quotidien liberté donnent des détails importants. Mohamed Merah a bel et bien mis les pieds sur le sol algérien. Entre 2002 et 2010 il a en effet effectué quatre déplacements. En tout il est resté près de 100 jours en Algérie.

En Israël avec un passeport algérien ?

Le 26 mars, le quotidien italien « Il Foglio » a affirmé que l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban avait réalisé ses nombreux voyages -Egypte, Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, Israël, Afghanistan, Pakistan- sous la protection des services de renseignements français, qui l’auraient utilisé comme informateur. « Une intervention de la Direction générale de la sécurité extérieur (DGSE), l’agence française chargée de l’espionnage et de l’antiterrorisme en dehors des frontières nationales, aurait notamment permis au jeune Toulousain d’entrer en Israël en septembre 2010, précisent le journal italien.

Selon Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem cité par Francetv, Mohamed Merah est bien entré à cette date sur le territoire israélien, par un point de contrôle de la frontière avec la Jordanie.

Comment Merah a-t il pu faire ce périple et surtout aurait-il pu entrer en Israël avec un passeport algérien ? Autre question, les services se renseignements algériens, pouvaient-ils ignorer, les déplacements de Mohamed Merah dans ces pays à risques ?

Trop vite tué, trop vite enterré, Mohamed Merah ne pourra plus parler. Mais l’affaire ne fait que commencer!

KalimaDZ