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		<title>Un ancien diplomate français : l’Etat DRS contrôle la vie du pays dans tous ses aspects !</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 18:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KalimaDZ</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITE]]></category>

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		<description><![CDATA[Conseiller auprès de l&#8217;Institut français des relations internationales, Denis Bauchard, ancien haut-diplomate au Quai d&#8217;Orsay, s&#8217;est rendu en Algérie, peu avant les élections législatives. Voici son compte-rendu de voyage que nous nous sommes procuré. Il y évoque le malaise de la jeunesse, le rejet d&#8217;un Etat mafieux, l&#8217;obsession française, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Conseiller auprès de l&#8217;Institut français des relations internationales, Denis Bauchard, ancien haut-diplomate au Quai d&#8217;Orsay, s&#8217;est rendu en Algérie, peu avant les élections législatives. Voici son compte-rendu de voyage que nous nous sommes procuré. Il y évoque le malaise de la jeunesse, le rejet d&#8217;un Etat mafieux, l&#8217;obsession française, et nous explique pourquoi &laquo;&nbsp;le printemps arabe&nbsp;&raquo; y a fait long feu.</strong></p>
<div id="more">
<p>Il est très difficile de parler de l’Algérie de façon détachée. Cinquante ans après l’indépendance, la charge émotionnelle née d’une présence française de 132 ans qui s’est terminée par une « guerre de libération » de près de huit ans demeure, de part et d’autre, encore très forte. L’Algérie reste en France un problème de politique intérieure sensible comme l’a montré la récente campagne électorale ; il en est de même en Algérie où l’expression « le parti de la France » est toujours l’arme utilisée pour disqualifier l’adversaire politique.</p>
<p>A l’occasion d’une récente tournée de conférences en Algérie sur le thème « L’Europe et le monde arabe », j’ai rencontré de nombreux interlocuteurs. Ces impressions de voyage rédigées à la suite de ce déplacement et qui ont un caractère personnel, essaient de mieux faire comprendre ce pays avec lequel, par delà les polémiques et les ressentiments, des liens profonds subsistent.</p>
<div id="attachment_2994" class="wp-caption alignleft" style="width: 170px"><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/bauchard.jpg"><img class="size-full wp-image-2994" title="bauchard" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/bauchard.jpg" alt="" width="160" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">Denis Bauchard, conseiller auprès de l&#39;Institut français des relations internationales, ancien haut-diplomate au Quai d&#39;Orsay.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>I Une situation paradoxale</strong></p>
<p>L’Algérie possède de nombreux atouts pour assurer une croissance économique qui permette à sa population d’avoir un emploi et des conditions de vie convenables. Or ce n’est pas le cas.</p>
<p><strong>1-      </strong><strong>Des atouts multiples.<br />
</strong></p>
<p><strong><em>° Des moyens financiers importants</em></strong>.</p>
<p>L’augmentation du prix des hydrocarbures permet à l’Algérie, pour la première fois depuis de nombreuses années, de disposer de ressources financières considérables. Il est probable que cette situation va perdurer compte tenu de la tendance à la hausse des cours du pétrole tant sur le court terme – effets combinés des printemps arabes et des bruits de botte dans le Golfe – que sur le long terme – forte demande d’énergie et raréfaction de l’offre. Les hydrocarbures représentent en 2011, avec 74 Mds/$,  la quasi-totalité (97 %)  des exportations  de l’Algérie. Les revenus des hydrocarbures s’élèvent à 70 % des recettes budgétaires. Au total, les réserves de change s’élèvent actuellement à près de 200 Mds/$. Un fonds de réserve – sorte de fonds souverain – a pu être créé et doté de 75 Mds/$.</p>
<p>Les autorités algériennes ont profité de cette aisance budgétaire tout d’abord pour se désendetter : l’endettement extérieur est devenu marginal (5 Mds/$) et l’Algérie refuse toute proposition de financement international. Après « l’humiliation » subie dans les années 1990 au cours desquelles l’Algérie avait du avoir recours au FMI, cette politique de désendettement marque bien la volonté du pouvoir d’affirmer la souveraineté nationale, y compris dans le domaine financier. Dans le même temps, un important programme d’infrastructures a été réalisé. Il porte en particulier sur la construction de l’autoroute qui relie d’est en ouest les principales villes algériennes, de la frontière marocaine à la frontière tunisienne.  En voie d’achèvement, elle a été partagée entre deux consortiums, l’un chinois, l’autre japonais. Cet effort a porté également sur certaines infrastructures portuaires, aéroportuaires (Alger), urbaines (métro d’Alger, tramway d’Oran) et sur l’hôtellerie d’affaires. Il a permis également au pouvoir de mieux faire face à la demande de logements neufs, même si la situation de pénurie n’est pas encore résorbée. Un programme d’un million de logements a ainsi été réalisé sur cinq ans, dont le résultat est spectaculaire : à la périphérie des grande villes, comme des villes moyennes, des quartiers entiers ont surgi de terre en l’espace de quelques années comme à Tlemcen, Constantine ou Oran.  Un effort particulier a été fait dans le domaine des universités avec la volonté de doter d’un campus chacune des 48 willayas. J’ai été aussi impressionné par l’importance et la qualité des équipements réalisés dans les trois universités où j’ai fait ma conférence, Belgaid (à la périphérie d’Oran), Oum el Bouaghi (non loin de Constantine) et Tlemcen qui bénéficient de locaux que pourraient  envier de nombreuses universités françaises.</p>
<p>La dépense budgétaire est également généreuse dans le domaine du fonctionnement. Les étudiants sont à cet égard très choyés : gratuité du logement en résidence, gratuité des études, prix des repas dérisoires (1 à 2 dinars soit un peu plus d’un centime d’euros). Un système d’aide aux jeunes pour la création d’entreprise a été mis en place : le prêt octroyé, dans des conditions très favorables (taux de 1 %) – de l’ordre de 80.000 € &#8211; n’est remboursé qu’en cas de succès. De même des programmes d’accès à la propriété permettent aux jeunes ménages d’avoir des niveaux de remboursements comparables à un loyer modéré. L’importance des subventions sur les produits de base rend dérisoire le prix de certaines denrées, comme le pain, (une baguette coûte 10 centimes d’euros), l’essence (13 centimes), les pommes de  terre, le sucre, le gaz, l’électricité, l’eau etc…. L’équipement des ménages en eau, gaz et électricité est très élevé, au-delà de 85 %.</p>
<p>Globalement le taux de croissance économique s’est maintenu au rythme de 5 % par an malgré la crise et le taux de chômage officiel ne serait que de 10 %.</p>
<p><strong><em>° Stabilité et ouverture politique contrôlée</em></strong>.</p>
<p>Sur le plan politique, après la « décennie noire », l’Algérie bénéficie de la paix et d’un régime politique stable qui pratique une certaine ouverture. Certes le pouvoir est détenu par ce que les algériens appellent « le Conseil d’administration » qui regroupe le président, le DRS – Département de recherche et de sécurité, successeur de la Sécurité militaire &#8211; et l’état major des armées. Il contrôle étroitement la redistribution de la rente et l’économie algérienne, directement ou indirectement. Cependant il ne s’agit pas d’une dictature militaire à proprement parler, mais d’un régime collégial qui s’accorde des privilèges particuliers, voire de prébendes lucratives. Le président Bouteflika dispose d’une marge d’action significative, notamment dans le domaine économique et social. « L’Etat DRS »  a été affaibli et le jeu politique a été ouvert. Le gouvernement actuel réunit une « alliance présidentielle » qui associe plusieurs partis, le FLN, le RND et des partis islamistes. Cependant la classe politique ou militaire ne s’est guère renouvelée. Dans l’armée, une nouvelle génération piaffe d’impatience en attendant que les gérontes septuagénaires, notamment le patron du DRS, le fameux « Toufik », disparaissent. Il en est de même pour le président qui en est à son troisième mandat, et dont on évoque ouvertement la succession qui devrait intervenir au plus tard en 2014.</p>
<p>Une certaine liberté existe : liberté syndicale, liberté d’entreprendre, liberté d’expression, mais, comme le soulignent les grandes ONG, la situation des droits de l’homme demeure préoccupante. J’ai été cependant frappé de la liberté des propos tenus devant moi par mes interlocuteurs algériens, y compris ceux ayant des fonctions officielles. On est loin des propos convenus que j’ai pu entendre dans le passé même en privé, dans des pays comme la Tunisie, la Syrie ou même le Maroc ou certains sujets sont tabous, surtout devant un étranger. S’agissant  de la  presse écrite, il existe plus de 80 titres, le tiers environ étant francophone. Leur lecture est édifiante. Les propos sont souvent très critiques à l’égard des ministres, du premier ministre, du président, voire globalement du régime. Depuis l’incarcération en 2004 du directeur du <em>Matin </em>et la suspension du journal qui reparaît sur le net<em>, </em> les lignes rouges se sont déplacées dans le sens de l’élargissement sans qu’elles soient précisément délimitées. Certes le pouvoir dispose de moyens de pression dans la mesure où, à quelques exceptions près, il contrôle l’impression des journaux comme les recettes de publicité, mais de façon suffisamment habile pour ne pas être accusé de censure. Le ton de certains articles comme des caricatures de Dilem ou de Le Hic est parfois violent, voire ravageur. La réécriture de l’histoire mythique de l’Algérie depuis 1962 se fait progressivement et fait apparaître que, loin de l’unité affichée, le pouvoir a été soumis à de fortes tensions, à des rivalités de personnes qui ont débouché sur des règlements de comptes, voire des assassinats politiques, à l’initiative notamment de la Sécurité Militaire, devenue DRS. Le recours à Internet permet de diffuser ces informations. La façon dont une partie de la presse a rendu compte de la carrière de Ben Bella témoigne de cette réécriture. Le héros de l’indépendance est tenu responsable des turbulences de l’après indépendance au cours de laquelle, selon <em>El</em> <em>Watan</em> du 14 avril dernier, « Alger s’est transformé en un véritable laboratoire où romantisme révolutionnaire côtoie l’absurde, l’horreur. » Cette oraison funèbre témoigne d’une remise en cause de l’histoire politiquement correcte, reprise encore maintenant par le très officiel <em>Moujahid</em>. Dans un autre article du même journal, une journaliste concluait le bilan de cinquante ans d’indépendance par ces mots : « L’Algérie mérite un meilleur avenir que de continuer de perpétuer 50 années de dictature ». Certes, il y a parfois quelques rappels à l’ordre, des sanctions et une certaine auto censure chez les plus timides. Mais, si la télévision publique reste la voix de son maître, elle est peu regardée au profit des chaînes étrangères, arabes ou françaises. Quant à la presse écrite algérienne, elle est certainement une des plus libres du monde arabe.</p>
<p>Depuis la politique de réconciliation nationale poursuivie par le président Bouteflika, la sécurité est progressivement revenue. Certes des actions terroristes spectaculaires surviennent  encore, comme l’attentat contre le siège de l’ONU à Alger en 2009. Mais ces actions d’envergure se raréfient. Des maquis subsistent dans certaines zones peu accessibles ; des opérations de ratissages continuent. Des contrôles fréquents et des barrages sont mis en place sur les axes routiers. Des précautions particulières sont prises en faveur de certaines personnalités et des diplomates, qui en dehors de villes ne peuvent se déplacer qu’avec escorte. Cependant la situation sécuritaire est normalisée même s’il subsiste un terrorisme résiduel et si la situation dans certaines zones – la petite Kabylie, le grand sud &#8211; demeure préoccupante.</p>
<p>Malgré ces éléments, le climat politique reste lourd, les conditions de vie demeurent difficiles et il existe un profond malaise, notamment chez les jeunes.</p>
<p><strong>2 – Un profond malaise.</strong></p>
<p><em>° Le rejet d’un Etat mafieux.</em></p>
<p>Même  si l’Etat DRS est affaibli, il reste omniprésent et contrôle la vie du pays dans tous ses aspects. Le dispositif sécuritaire reste très important : près d’un million de personnes participent au maintien de l’ordre au sens large, si l’on ajoute à l’armée, la police et la gendarmerie, les gardes communaux et la protection civile. Au niveau local, les walis, l’équivalent des préfets, qui exercent des fonctions administratives mais également politiques, détiennent tous les leviers du pouvoir, y compris dans le domaine financier. Les collectivités locales, notamment les maires, ne sont que des exécutants. Or cette administration, malgré des cadres formés par l’ENA algérienne, fonctionne mal. La première impression à l’arrivée en Algérie est celle d’un délabrement généralisé : délabrement des immeubles non entretenus, maisons écroulées ou abandonnées en pleine ville, comme dans la casbah d’Alger. L’accumulation d’ordures et de gravats frappe également le visiteur, y compris dans le centre des villes et dans les quartiers résidentiels. Les rues, les routes, les trottoirs sont en mauvais état, parsemés de nids de poule quand ils ne sont pas effondrés. L’éclairage public est aléatoire. Un effort a été fait pour améliorer l’aspect extérieur des bâtiments publics, mais il s’agit d’un décor Potemkine : derrière la façade, la négligence et le mauvais entretien réapparaissent. Cet état touche souvent les immeubles et les logements neufs où les malfaçons sont fréquentes et provoquent des retards dans leur occupation.</p>
<p>Le fonctionnement de l’administration est mis en cause. Paperassière, lente, incompétente, corrompue, tels sont les nombreux qualificatifs adressés à la bureaucratie d’Etat comme à celle des collectivités locales, notamment des municipalités, les « Assemblées populaires communales », dépourvues d’un réel pouvoir. Le Wali est tout puissant en matière d’ordre public comme de réalisation des projets. La corruption existe à tous les niveaux, la grande corruption comme la petite au niveau des guichetiers dans les administrations ou des tribunaux. Les formalités douanières font l’objet d’un trafic fructueux. Les pratiques illégales sont fréquemment couvertes par les autorités concernées moyennant rémunération. C’est ainsi que l’Algérie se trouve au 112éme rang (sur 182) du classement 2011 de <em>Transparency International. </em></p>
<p><strong><em>° Une vie économique malsaine</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong>En fait la vie économique est perturbée par les grands et petits trafics en tout genre. Le faible coût des produits de base est exploité pour organiser des trafics de grande échelle : tel est le cas du gas-oil et de l’essence achetés respectivement 13 et 20 centimes d’euros en Algérie et revendus au Maroc cinq fois plus cher, compte tenu des prix qui y sont pratiqués. Camions ou voitures particulières dotés de réservoirs supplémentaires passent aisément la frontière, théoriquement fermée, mais qui s’ouvre moyennement un péage dont le niveau est tarifé et connu. Des filières d’articles de contrefaçon, en provenance essentiellement de Chine, sont organisées de la même manière par des filières sur lesquelles des péages sont perçus au profit d’autorités civiles ou militaires. Les vendeurs à la sauvette à l’étalage réduit sont omniprésents. L’économie informelle est à la fois une plaie, un moyen de survie d’une population largement sans emploi et une soupape pour diminuer le mécontentement populaire. En effet, paradoxalement, ce pays riche connaît un taux de chômage réel considérable, évalué, s’agissant des jeunes, à près de 50 %. Or en Algérie les jeunes de moins de trente ans représentent près de 65 % de la population.</p>
<p>Ainsi la structure économique de l’Algérie est-elle profondément malsaine : sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures est exceptionnellement forte ; c’est une économie largement subventionnée qui cache la vérité des prix. L’économie souterraine y tient une place anormalement importante et génératrice de tous les trafics. Dans ce contexte, le secteur privé a du mal à émerger, à moins de rentrer dans les systèmes de corruption et d’arrangements illicites. L’Algérie est un pays où le secteur public demeure  largement dominant et contrôlé étroitement par le pouvoir militaire. Le climat des affaires tel qu’il est calculé par la Banque mondiale est très médiocre : l’abus des formalités administratives, l’absence d’offres de financements à long terme, les incertitudes en matière foncière, les fluctuations législatives sont autant d’éléments qui découragent les investisseurs locaux comme étrangers.</p>
<p>° <strong><em>Un malaise multiforme, notamment chez les jeunes</em></strong></p>
<p>Ainsi, dans ce pays à la population largement assistée, un malaise profond existe qui se manifeste de différentes façons : multiplication des conflits sociaux ou des contestations locales, gérés par les Walis au cas par cas ; désintérêt à l’égard de la vie politique, comme en témoigne l’indifférence dans laquelle sont vécues les prochaines élections législatives de mai 2012 ; pression sociale de plus en plus forte exercée par les islamistes qui exploitent ce mécontentement. Ce malaise est particulièrement profond chez les jeunes qui, à l’exception de ceux appartenant à des familles bien placées, se voient sans avenir. A cela s’ajoute l’absence de loisirs : faible nombre de clubs de sports, disparition des cinémas et des théâtres, installations culturelles mal entretenues et sans véritable programmation, offre désuète et  médiocre des bibliothèque publiques, y compris universitaires, rareté et cherté des livres, sauf ceux à caractère religieux largement diffusés par les fondations du Golfe, tristes cafés qui ne sont fréquentés que par des hommes et où l’alcool est interdit. La seule distraction reste le poste de télévision pour regarder des programmes étrangers – feuilletons américains, européens, indiens, ou turcs &#8211; ou des DVD pirates ne coûtant que 1,5 €,  qui permettent de s’évader dans des pays fantasmés. Les programmes religieux venant du Golfe, notamment ceux proposés par <em>Iqra</em>, sont également très regardés. Ainsi, à 20h, toutes les villes algériennes sont mortes, situation exceptionnelle dans cette Méditerranée où la vie nocturne reste une tradition au nord comme au sud. Le malaise s’exprime de différentes façons, y compris, régulièrement, par des immolations par le feu qui nous sont connues à travers la presse. Les centres culturels français sont parmi les rares espaces de loisirs existants. La pression pour le départ est donc très forte, vers une Europe ou une Amérique largement mythifiées par les séries des télévisions occidentales. Il existe en effet une forte demande des étudiants pour obtenir un visa de départ à l’étranger, en particulier dans notre pays. Cinq mille  sont délivrés chaque année par la France, ce qui oblige à une très forte sélection. Il s’agit de compléter les études supérieures menées en Algérie, de se spécialiser, mais le nombre de ceux qui entendent ne pas revenir est élevé. Il est difficile de quantifier ce phénomène, qui peut concerner, selon les pays d’accueil, plus de la moitié des partants. Le Canada, qui conserve une politique migratoire ouverte, tend à relayer la France comme pays d’opportunités.</p>
<p>Dans ce contexte, la société civile a peine à s’organiser autour d’ONG, où avocats et médecins jouent un rôle important. Des initiatives locales souvent sympathiques montrent bien qu’il y a dans la population un vrai besoin d’ouverture. Par exemple ; l’association « Bel Horizon » d’Oran, animée par des architectes, s’est donnée pour objectif de faire connaître Oran et son riche patrimoine à ses  habitants, pour les rendre conscients de l’intérêt de sa préservation. Chaque année une marche commune est organisée le 1er mai : les marcheurs  passent par les différentes sites historiques de la ville et montent jusqu’au fort de Santa Cruz qui domine l’agglomération, où se produit une animation musicale. En 2007, elle a réuni 500 personnes ; en 2011, 20.000. Mais ce genre d’initiative est rare et ne peut faire oublier le désert culturel d’un pays assisté, en mal de vivre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>II / Un printemps arabe sans lendemain. </strong></p>
<p><strong>1 – « Algérie pas bien »</strong></p>
<p>Beaucoup d’observateurs s’attendaient à ce que le printemps arabe, né en Tunisie, pays voisin, s’étende très vite à l’Algérie. « Algérie pas bien », tel est le propos exprimé dans un français sommaire, par un groupe de jeunes désoeuvrés que j’ai croisés à Constantine.  En effet tous les ingrédients qui ont contribué à son éclosion dans les pays arabes se retrouvent en Algérie. L’existence d’une jeunesse nombreuse, de plus en plus diplômée, frustrée car sans emploi ou pourvue d’un emploi sous qualifié par rapport à ses ambitions ou son diplôme, ne se voyant pas d’avenir. En effet, si la crise a eu peu d’impact en Algérie, il n’en demeure pas moins que, pour des raisons structurelles, le chômage, comme on l’a  vu, est très élevé, surtout chez les moins de trente ans. Les jeunes algériens ont le sentiment d’être méprisés par le pouvoir comme par la société<em>. </em>De<em> </em>même ils dénoncent la corruption et rejettent un régime dominé par le DRS, incapable de leur proposer des perspectives : certes les étudiants sont choyés dans des universités flambant neuves, mais pour quel avenir ? On ne dénonce pas une personnalité comme en Tunisie ou en Egypte, bouc émissaire de tous les maux dont souffre la société : Bouteflika bénéficie d’une certaine popularité car il a ramené la paix civile. On dénonce plutôt un « système » opaque, mafieux, qui étend son emprise sur tout le pays. D’une façon générale, la contestation s’amplifie comme le montre la multiplication des conflits locaux pour des raisons sociales et on rejette un régime militaire qui perdure depuis l’indépendance, malgré ses tensions internes</p>
<p><strong>2-                  </strong><strong>Un printemps qui tourne court.</strong></p>
<p>En effet le printemps, après une tentative timide, a tourné court. Début janvier 2011, des émeutes ont eu lieu avec des revendications à la fois politiques et sociales, dénonçant le pouvoir et la vie chère. Le 12 février, une marche est organisée à l’initiative de la CNCD, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Un participant me raconte : « Lors de cette marche nous étions 8.000, alors qu’étaient déployés 30.000 policiers ; lorsque nous avons voulu la refaire le lendemain, nous n’étions plus que 1.000 et le surlendemain 500 ». Le printemps était terminé et il y a peu de chance qu’il renaisse à court terme.</p>
<p>Comment expliquer cette situation ? Mes interlocuteurs ont été unanimes : la crainte d’un retour à la « décennie noire » est un facteur explicatif majeur. Celle-ci s’est traduite dans les années 1990 par une véritable guerre civile, qui a compté sans doute autour de 150.000 morts, mais également près de 300.000 départs à l’étranger, essentiellement des cadres (médecins, universitaires) qui craignaient pour leur vie. Beaucoup ont vu des parents ou des amis touchés directement par cette guerre qui ne disait pas son nom, dans laquelle le danger venait tout autant des terroristes islamistes que des forces de répression qui ne faisaient pas dans la nuance et en profitaient pour régler leurs comptes.</p>
<p>Par ailleurs, le régime a réagi habilement en laissant la presse se défouler, en faisant quelques réformes politiques  à caractère cosmétique et en achetant la paix sociale. Toute une série de mesures ont ainsi été prises : nouvelle loi sur l’information en septembre mettant fin théoriquement au monopole de l’Etat sur l’audiovisuel public ; suspension de l’état d’urgence ; augmentation des subventions aux produits de base de façon à faire baisser les prix ; promesse d’élections  législatives « démocratiques »; adoption d’une nouvelle loi électorale et d’une autre sur les partis politiques. En fait, le régime peut faire valoir que la situation en Algérie n’est pas celle de la Tunisie, l’Egypte ou la Syrie : une certaine liberté d’expression existe, notamment à travers une presse parfois très critique ; il n’y a pas une famille ou un clan prébendier : le renouvellement des postes de responsabilité permet de faire partager les avantages à beaucoup de fidèles au régime. Dans un pays où la débrouillardise est un art de vivre, beaucoup ont  pu se constituer une rente de situation grâce à la bienveillance rémunérée de l’administration.</p>
<p>Un dernier élément contribue à expliquer cette situation : l’évolution  du printemps arabe dans la proximité immédiate, en Tunisie, en Libye, en Egypte. Les médias algériens suivent de près l’évolution des soulèvements révolutionnaires. La poussée islamiste et plus particulièrement salafiste, est constatée avec inquiétude. La situation anarchique prévalant en Libye, avec laquelle l’Algérie a une frontière commune, est redoutée comme source de déstabilisation de la région : l’impact sur les revendications touaregs à la création de l’Azawad qui serait en partie en territoire algérien,  renforcées par le retour des mercenaires de Khadafi comme le développement des activités de l’AQMI, qui a pu récupérer des armes lourdes dans les arsenaux libyens sont ressentis comme des menaces à la sécurité de l’Algérie et à la stabilité de la région sahélienne. L’argument du « déluge arabe », manipulé par les puissances occidentales, utilisé par le premier ministre Ouyahia, est développé par le pouvoir avec une certaine efficacité. Certes, tout n’est pas parfait en Algérie, mais au moins il existe un certain dynamisme économique, des avantages sociaux indéniables, et la paix civile est revenue. Ainsi, sous-entend le pouvoir : « ne lâchez pas la proie pour l’ombre ». Ce message porte dans un pays meurtri par la guerre civile.</p>
<p>Le pouvoir entend canaliser le mécontentement réel en l’encadrant par des élections législatives qui auront lieu le 10 mai prochain. Il promet que le scrutin sera honnête et transparent. Il invite pour la première fois des observateurs étrangers, ceux de l’OCI comme de l’Union européenne. Un débat s’esquisse. Les partis islamistes autorisés, ceux de « l’alliance verte » avec le Mouvement de la société pour la paix (MSP), <em>Ennahda</em> et <em>El Islah</em> envisagent de présenter des candidatures communes défendant un programme commun. Ils essaient de récupérer une partie de l’électorat du FIS, aidés par l’appel lancé récemment par le cheikh Hachemi Sahnouni, appelant l’ensemble des partis islamistes à constituer une grande coalition,  tandis que le charismatique Abdallah Jaballah crée un nouveau parti, le Front de la justice et du développement (FJD) qui peut perturber le jeu. Un taux d’abstention important est prévu, compte tenu d’une certaine indifférence de l’opinion pour ces élections, dénoncées comme une manœuvre. Cependant on s’attend à une poussée des partis islamiques, qui pourrait conduire à une nouvelle coalition gouvernementale regroupant ces partis avec l’aile islamisée du FLN représentée par son actuel et contesté secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, qui serait capable de canaliser cette évolution. Ainsi tout changerait pour que rien ne change, compte tenu de la faiblesse des pouvoirs de l’Assemblée populaire nationale, qui devra toujours composer avec un Conseil de la nation dont les modalités de nomination garantissent sa fidélité au régime.</p>
<p>La véritable échéance sera celle de l’après Bouteflika, qui ne saurait tarder, son mandat expirant en toute hypothèse en 2014. Déjà les grandes manoeuvres entre les prétendants, mais plus encore entre les deux camps qui s’affrontent depuis l’indépendance, celui des « islamo conservateurs » et celui des « libéraux laïcs ». A.Belkhadem est représentatif de la première tendance, A.Ouyahia, de la deuxième. Mais d’autres prétendants peuvent apparaître à l’initiative de l’armée qui peut jouer un rôle d’arbitre : contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’a pas la tradition laïque de l’armée turque. Elle est pragmatique, éradicatrice éventuellement, mais prête à jouer la carte de « l’islamisme modéré » tant que celle-ci lui permet de conserver un pouvoir effectif et ses prébendes. Ainsi, on la soupçonne de favoriser l’émergence d’une majorité de sensibilité islamiste, pour mieux canaliser la vague, étant entendu que le pouvoir réel reste entre ses mains.</p>
<p>Ainsi le scénario le plus probable est celui d’un vrai faux printemps islamiste dans le cadre d’un régime qui peut se survivre à lui-même pendant encore quelque temps.</p>
<p><strong>III / L’obsession française.</strong></p>
<p><strong>1 – « Je t’aime, moi non plus ». </strong></p>
<p>Après 132 ans de présence française, dont 7 années de guerre, la relation avec la France reste à la fois privilégiée et difficile malgré les efforts faits de part et d’autre pour tourner la page. Comme me l’a exprimé un de mes interlocuteurs, français d’origine algérienne, « le roman  national de l’Algérie et celui de la France ne se rencontrent pas et sont tous les deux truffés d’inexactitudes », mais plus du côté de la France, jugeait-il. De fait, on est frappé par le comportement quelque peu schizophrénique des Algériens. Dans certaines villes ou villages, on a l’impression de se retrouver dans une localité française, avec ses monuments publics, sa mairie, son église, sa place centrale, son théâtre. Les rues, rebaptisées du nom des « martyrs de la guerre de Libération », souvent inconnus de la population, sont restés dans le langage courant celles de la colonisation : on continue à utiliser les noms anciens des principales artères: rue d’Isly et rue Michelet à Alger, rue Nationale et les Arcades à Constantine. Des magasins portent encore les noms désuets de l’époque coloniale comme ce magasin de chaussures « Au pied mignon » en face de la cathédrale d’Oran. Au siège de la Willaya de Constantine, qui occupe le bâtiment de la fin du XIXème siècle, et qui ressemble à n’importe quelle préfecture française, les noms des anciens préfets sont rappelés suivis de ceux des walis nommés depuis l’indépendance. La langue française reste, sauf exception, notamment au ministère de la justice, la langue de travail qui s’exprime dans le style administratif français le plus pur. Les ministres dans leurs discours publics mêlent français et arabes. Les matches de football français de première comme de seconde division sont suivis avec une attention soutenue. Le Lycée français Alexandre Dumas à Alger n’arrive pas à satisfaire les demandes d’inscription insistantes provenant des élites du pouvoir, sûrs d’y trouver un enseignement de qualité. Il en est de même des Instituts de France qui ne parviennent pas à satisfaire la demande. Le rêve de tout jeune est d’obtenir un visa pour la France, comme le président Chirac accueilli par une foule d’étudiants dense et chaleureuse, avait pu le constater lors de son voyage officiel en 2003, répétant en un bruissement continu « visa, visa, visa, visa.. ». L’élection présidentielle en France est suivie avec beaucoup plus d’attention voire de passion que la campagne pour les prochaines élections législatives qui se déroulent dans l’indifférence. La plupart des responsables possèdent une maison ou un appartement de même qu’un compte en banque en France. Les journaux francophones donnent chaque jour le programme détaillé de toutes les chaînes françaises, sans mentionner celui des chaînes algériennes.</p>
<p>Cependant, dans le même temps le système colonial est rappelé en termes rudes, les accusations de génocide contre le peuple algérien sont reprises avec insistance. La France est accusée d’avoir ««  détruit des repères de l’identité algérienne entre 1830 et 1962 »comme le rappelait encore récemment le président Bouteflika. Ce procès fait partie de la rhétorique officielle au plus haut niveau. Elle est largement celle de la génération qui a connu la période coloniale. Elle est moins vigoureuse au niveau des jeunes, conscients que l’histoire réelle est sans doute plus complexe, malgré ce qu’ils peuvent lire dans des manuels d’histoire particulièrement rudes à l’égard de la France. Ces reproches parfois véhéments n’empêchent pas des relations personnelles chaleureuses. Cette rhétorique s’emploie principalement à l’usage de la politique intérieure, la dénonciation du « parti de la France », conservant toute son efficacité de même que le recours à la théorie du complot qui vise l’ancienne puissance coloniale.</p>
<p>Cette réaction d’attraction-répulsion s’accompagne d’une connaissance de la France, qui relève davantage des clichés que de la réalité. Les rumeurs parfois les plus fantaisistes sont reprises sans discernement. On m’a ainsi assuré qu’en France, le port de la barbe était interdit. Il est vrai que la langue française est de moins en moins bien maîtrisée. Comme me l’a fait observer un de mes interlocuteurs : « nous sommes des analphabètes bilingues ». En effet, l’apprentissage du français a souffert de l’arabisation forcée de l’époque Boumediene. Depuis lors il est prévu dans le cursus dès le primaire, mais s’apprend comme une langue étrangère. Le niveau constaté au baccalauréat est médiocre. Dans l’enseignement supérieur, un clivage existe entre les étudiants faisant des études juridiques ou littéraires, qui sont enseignées en arabe et ceux qui font des études médicales ou scientifiques, qui le sont en français. J’ai pu noter ces carences lors des conférences faites devant un public d’étudiants : à Oran, après être intervenu pendant 45 minutes, un professeur a traduit et résumé en 20 minutes mon exposé, et la plupart des questions  a été posée en arabe. Les contacts que l’on peut avoir en ville, dans les magasins, témoignent de cette déficience : il reste une certaine connaissance passive mais l’expression orale et surtout écrite est nettement déficiente. Il n’en reste pas moins qu’il y a une véritable demande de France et de français, en particulier chez les jeunes.</p>
<p><strong>2 – Des ressentiments persistants.</strong></p>
<p>Comme j’ai pu le constater au fil de la lecture de la presse et de mes interventions suivies d’un débat, aux reproches que l’on peut qualifier de structurels, s’ajoutent aujourd’hui des irritants plus directement liés à la politique étrangère menée par le président Sarkozy et tout récemment, à la campagne électorale en France. J’ai cependant constaté un décalage évident entre les questions, souvent agressives posées par les professeurs, et celles plus neutres des étudiants.</p>
<p><strong><em>° La criminalisation du « système colonial ».</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong>Depuis de nombreuses années, parfois depuis l’indépendance, les mêmes ressentiments, parfois contradictoires, relayés par les médias locaux, mettent en cause le « système colonial » : atteinte à l’identité algérienne, « génocide » contre le peuple algérien en rappelant en  particulier les massacres de Sétif en mai 1945 et la « guerre de libération ». S’y ajoute la mise en cause de certains aspects de la politique français depuis l’indépendance, entre autres : la politique restrictive en matière d’immigration et de visas de courte durée, malgré une augmentation de leur nombre et l’amélioration des conditions de leur octroi ; la volonté supposée d’ingérence et de domination dans les affaires intérieures algériennes ; le soutien qui aurait été apporté au FIS et  le «  lâchage » pendant la décennie noire, la France faisant, selon le pouvoir, le jeu des islamistes ; la préférence donnée à la relation avec le Maroc et la position jugée biaisée en sa faveur sur la question du Sahara occidental, la complaisance à l’égard des mouvements terroristes, notamment par le paiement de rançons ; l’encouragement de la fuite des cerveaux. En 2005, en réponse à la proposition de loi déposée au parlement français sur les « aspect positifs » de la colonisation, des députés algériens ont proposé un texte pour « criminaliser » la colonisation française. Cette affaire montre la sensibilité du sujet et l’initiative française est encore très présente dans les esprits et vue comme une «agression », bien que le texte ait été désavoué par le gouvernement et en définitive retiré. En 2010, un texte du même type a été de nouveau discuté en Algérie, mais est resté sans suite. Le traitement « indigne » des immigrés et plus particulièrement la « stigmatisation » des Arabes en France comme le comportement des forces de l’ordre dans les banlieues difficiles est  régulièrement soulignée.</p>
<p><strong><em>° Un jugement sévère sur la politique récente</em></strong></p>
<p>La politique menée par le président Sarkozy est particulièrement dénoncée : alignement sur la politique américaine, complaisance à l’égard d’Israël et mollesse dans la dénonciation des « atrocités »  israéliennes dans les territoires palestiniens ; lancement de l’Union pour la Méditerranée  sans véritable concertation ; intervention en Libye « pour le pétrole » sans avoir évalué les conséquences pour la stabilité de la région ; laxisme envers l’AQMI que l’on a laissé piller les arsenaux libyens ; ingérence en Côte d’Ivoire et au Mali, avec la volonté de rétablir l’influence de la France dans ses anciennes colonies ; instrumentalisation du mouvement Touareg – le MNLA- avec le même objectif ; débat sur l’identité nationale visant à stigmatiser plus spécialement les Arabes ; propos tenus sur l’inégalité des civilisations…</p>
<p>Le comportement du président sortant dans la campagne présidentielle a été jugé de façon particulièrement critique : instrumentalisation du drame de Toulouse en mettant en avant l’origine algérienne du tueur ; dénonciation de l’accent mis sur la viande <em>halal </em>qui serait « au cœur des préoccupations des Français » ; remise en cause explicite de l’accord sur les migrations avec l’Algérie ; transfert de la dépouille du général Bigeard aux Invalides ; reconnaissance de la responsabilité de la France dans l’abandon des harkis et participation de l’Etat au monument national prévu à Rivesaltes ; absence de message à l’occasion de la mort du  père de l’indépendance, Ben Bella, et de représentation à un niveau politique ; d’une façon générale instrumentalisation de l’émigration qui vise explicitement les Arabes. La liste des irritants soigneusement décomptés par les médias, est longue, même si le pouvoir a évité de les exploiter. On notera que les Algériens prennent à leur compte des actes ou mesures qui dépassent très largement le cadre franco-algérien ou qui relèvent de la politique intérieure française.</p>
<p>En fait, cinquante ans après l’indépendance, la réconciliation n’est toujours pas intervenue, même si, en France comme en Algérie, de plus en plus de voix s’expriment en ce sens. Le projet de traité de réconciliation envisagé par le président Chirac qui pouvait capitaliser sur sa popularité personnelle en Algérie, allait sur la bonne voie. Il a échoué devant les oppositions résolues qui ont surgi tant en France qu’en Algérie. Après l’anniversaire des accords d’Evian, passés sous silence en Algérie, la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance pourrait être l’occasion de tourner la page. Il est peu probable que l’on s’engage dans cette voie tant en Algérie qu’en France. Le moment n’est sans doute pas encore venu. Les ressentiments de la majorité des rapatriés et des anciens combattants d’un côté, l’exploitation par la vielle garde FLN et des anciens moujahidines des drames du passé laissent peu de chance, à court terme, pour une telle réconciliation. Il faudra sans doute l’arrivée au pouvoir de nouvelles générations aux postes de responsabilité, en particulier en Algérie où la relève n’est pas encore faite, pour que le climat se prête à une telle évolution.</p>
<p><strong>En conclusion</strong>, il apparaît que la vie politique algérienne est à un tournant. Si le régime qui s’est imposé à l’indépendance a réussi à se maintenir, même s’il s’est affaibli, il va devoir évoluer pour survivre et faire sa place aux nouvelles générations qui, comme les anciennes, se partagent entre les courants  islamo conservateurs  et démocrates laïcs, avec une tendance actuellement favorable aux premiers. Comme le soulignait un de mes interlocuteurs, si le FIS a perdu la bataille militaire et politique, il a gagné dans les esprits et la société. L’heure islamiste sous le contrôle de l’armée est sans doute également arrivée en Algérie comme dans d’autres pays arabes</p>
<p>Dans ce contexte, la relation avec la France risque de passer un cap difficile, notamment à la suite de la multiplication des irritants de la période récente. Mais une relation forte est consciemment ou inconsciemment souhaitée en Algérie. Car il y a dans ce pays un « besoin de France » et un intérêt évident à maintenir, voire renforcer des liens indélébiles. Ce que demandent en définitive les Algériens, c’est une sorte de reconnaissance que l’opinion publique en France n’est pas encore prête à donner. Peut être convient-il de laisser encore du temps au temps pour fermer les blessures du passé, ce qui n’exclut pas l’affirmation par le futur président de la force des liens qui existent entre les deux pays.</p>
<p><strong>Denis Bauchard</strong></p>
<p><a href="http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/" target="_blank">http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<title>Résultats officiels des législatives : Une assemblée sans aucune légitimité !</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 12:48:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KalimaDZ</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>

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		<description><![CDATA[Résultats officiels validés par le Conseil Constitutionnel Electeurs inscrits : 21.645.841 Electeurs votants : 9.339.026 Taux de participation : 43,14% Suffrages exprimés : 7.634.979 Bulletins nuls : 1.704.047 KalimaDZ a calculé le pourcentage réel des formations politiques qui ont obtenu le plus de sièges, cela donne des résultats ahurissants : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/p.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2981" title="p" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/p-300x252.jpg" alt="" width="300" height="252" /></a>Résultats officiels validés par le Conseil Constitutionnel<br />
Electeurs inscrits : 21.645.841<br />
Electeurs votants : 9.339.026<br />
Taux de participation : 43,14%<br />
Suffrages exprimés : 7.634.979<br />
Bulletins nuls : 1.704.047</p>
<p>KalimaDZ a calculé le pourcentage réel des formations politiques qui ont obtenu le plus de sièges, cela donne des résultats ahurissants :<br />
<strong>FLN</strong> : 1.324.363  voix : 6,1% des inscrits et 14,1 % des votants : 221 sièges, c&#8217;est à dire : 47,8%  des sièges à l&#8217;assemblée.<br />
<strong>RND</strong> : 524.057 voix :  2,4% des inscrits  et 5,6 % des votants : 70 sièges, c&#8217;est à dire : 15,15 %  des sièges à l&#8217;assemblée<br />
<strong>Alliance Algérie verte</strong> : 475.049 voix : 2,1% des inscrits et 5% des votants : 47 sièges, c&#8217;est à dire, 10,1 % des sièges à l&#8217;assemblée<br />
<strong>FFS</strong> : 188.275 voix : 0,86 % des inscrits et 2,01 % des votants : 21 sièges, c&#8217;est à dire 4,5 % des sièges à l&#8217;assemblée.<br />
<strong>Parti des Travailleurs</strong> : 283.585 voix : 1,3 % des inscrits et 3 % des votants : 17 sièges, c&#8217;est à dire 3,6 % des sièges à l&#8217;assemblée</p>
<p>Avec une telle représentativité, l&#8217;APN issue du scrutin du 10 mai, au delà des fraudes et du gonflement du taux de participation, est aussi discréditée que les mandatures précédentes.</p>
<p><strong>Les résultats du Conseil Constitutionnel</strong></p>
<p><strong>Les listes ayant remporté l&#8217;élection sont classées en fonction des  voix recueillies et des sièges obtenus, selon l&#8217;ordre ci-après:           </strong></p>
<p>1-Listes du Front de libération nationale</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 1.324.363</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  221</p>
<p>2-Listes du Rassemblement national démocratique</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 524.057</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      : 70</p>
<p>3-Listes du l&#8217;Alliance Algérie verte</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 475.049</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      : 47</p>
<p>4-Listes du Front des Forces socialistes</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 188.275</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  21</p>
<p>5-Listes des Indépendants</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 671.190</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  19</p>
<p>6-Listes du Parti des Travailleurs</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 283.585</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  17</p>
<p>7-Listes du Front national algérien</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 198.544</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  09</p>
<p>8-Listes du Front pour la Justice et le Développement (ADDALA)</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 232.676</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      : 07</p>
<p>9-Listes du Mouvement populaire algérien</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 165.600</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  06</p>
<p>10-Listes du Parti El-fedjr El-Jadid</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 132.492</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  05</p>
<p>11-Listes du Parti national pour la Solidarité et le Développement</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 114.372</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  04</p>
<p>12-Listes du Front du Changement</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 173.981</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  04</p>
<p>13-Listes AHD 54</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 120.201</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  03 .</p>
<p>14-Listes de l&#8217;Alliance nationale républicaine</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 109.331</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  03</p>
<p>15-Listes du Front national pour la Justice sociale</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 140.223</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  03</p>
<p>16-Listes de l&#8217;Union des Forces démocratiques et Sociales</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 114.481</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  03</p>
<p>17-Listes du Rassemblement algérien</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 117.549</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>18-Listes du Rassemblement patriotique républicain</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 114.651</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>19-Listes du Mouvement national d&#8217;Espérance</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 119.253</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>20-Listes du Front El-Moustakbel</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 174.708</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>21-Listes du Parti El-Karama</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 129.427</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>22-Listes du Mouvement des citoyens libres</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 115.631</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>23-Listes du Parti des Jeunes</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 102.663</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>24-Listes du Parti Ennour El Djazairi</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 48.943</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  02</p>
<p>25-Listes du Parti du Renouveau algérien</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 111.218</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  01</p>
<p>26-Listes du Front national démocratique</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 101.643</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  01</p>
<p>27-Listes du Front national des Indépendants pour la concorde</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 107.833</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  01</p>
<p>22-Listes du Mouvement El-Infitah</p>
<p>Nombre de suffrages recueillis : 116.384</p>
<p>Nombre de sièges obtenus      :  01</p>
<p>Le conseil constitutionnel précise que tout candidat aux élections législatives ou parti  politique ayant participé à ces élections, a le droit de contester la régularité  des opérations de vote en introduisant un recours par simple requête à déposer  au greffe du Conseil constitutionnel dans les quarante-huit (48) heures qui  suivent la proclamation des résultats.</p>
<p>Le député dont l&#8217;élection est contestée, a aussi le droit de produire  des observations écrites, en réponse à la requête de contestation, dans un délai  de quatre jours, à compter de la date de notification du recours par le Conseil  constitutionnel.</p>
<p><strong>KalimaDZ</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>« Manvotech ! » Chronique d’une historienne en campagne</title>
		<link>http://lanationdz.com/2012/05/15/manvotech-chronique-dune-historienne-en-campagne/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 08:51:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KalimaDZ</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITE]]></category>
		<category><![CDATA[ENQUÊTE]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Malika Rahal Pour ce premier billet d’Alger, l’actualité l’emporte sur l’archive. C’était aujourd’hui jour d’élection législative en Algérie, et pour moi, l’occasion d’une tournée d’Alger à la Kabylie, pour visiter plusieurs bureaux de vote. Le rat d’archive que je suis n’a pas résisté à l’invitation d’amis journalistes ; je n’aimais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><strong>Par Malika Rahal</strong></div>
<p>Pour ce premier billet d’Alger, l’actualité l’emporte sur l’archive. C’était aujourd’hui jour d’élection législative en Algérie, et pour moi, l’occasion d’une tournée d’Alger à la Kabylie, pour visiter plusieurs bureaux de vote. Le rat d’archive que je suis n’a pas résisté à l’invitation d’amis journalistes ; je n’aimais d’ailleurs pas l’idée de me voir infliger ce soir des chiffres de participation parfaitement invraisemblables sans aucun moyen de les vérifier. J’avais déjà écouté la radio nationale la veille : en parfaite synchronie la chaîne 1 (arabophone) et la chaîne 3 (francophone) avaient annoncé une participation record dans l’émigration<a title="" href="http://texturesdutemps.hypotheses.org/156#_ftn1">[1]</a>, qui s’expliquait, disait-on, par <a href="http://www.elwatan.com/actualite/bouteflika-a-setif-nous-sommes-fatigues-08-05-2012-169783_109.php">le discours de Sétif du président de la république</a> à l’occasion des célébrations du 8 mai 1945. On évoquait ainsi en multilingue un enthousiasme populaire qui me laissait rêveuse et n’avait aucun correspondant autour de moi.</p>
<p>De fait, ce soir, le ministre de l’intérieur Daho Ould Kablia annonce un taux de participation d’environ 35% à 17h30, ce qui au vu de cette petite virée, est parfaitement risible. En fin de soirée, on annonce entre <a href="http://www.dna-algerie.com/interieure/algerie-le-gouvernement-s-appreterait-a-annoncer-a-un-taux-de-participation-entre-40-et-50-2">40 et 50%</a> de participation.</p>
<div id="attachment_159"><a href="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070023-e1336693530723.jpg"><img src="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070023-e1336693530723-500x294.jpg" alt="" width="500" height="294" /></a>Lycée Amir Abdelkader, Alger, 10 mai 2012</div>
<p>Vers 11h du matin, à Belcourt, les bureaux de vote étaient quasiment vides. Deux centres de vote à « 10 000 électeurs », en plein cœur de ce quartier populaire à forte densité de population, étaient parfaitement paisibles. L’ambiance dans les bureaux était à une franche (et un peu curieuse) ouverture : c’est sans souci que nous avons pu entrer, poser des questions, obtenir les chiffres bureau par bureau et même discuter avec les assesseurs et les chefs de bureau de leur propre avis sur l’élection.</p>
<p>Paisibles, donc, ces bureaux. Et vides, chaque responsable de bureau indiquant une participation inférieure à 5% à la mi-journée. La discussion s’engage avec des assesseurs pour savoir s’ils allaient voter ou pas. L’une explique qu’il fallait voter afin d’éviter l’invasion par les forces de l’OTAN : l’argument a en effet été brandi, parmi d’autres, pour pousser les électeurs aux urnes dans les derniers jours. Une autre qu’elle ne votera pas. Le chef de bureau lui-même le dit clairement : « Manvotech ! » [je ne vote pas]. « Pour les photos », nous a-t-on indiqué, il faut aller à l’école Sékou Touré de Belcourt. En effet, deux des bureaux étaient plein à craquer, les autres toujours aussi vides (avec la même proportion de votants). L’explication se fait jour : les deux bureaux étaient réservés aux militaires et aux policiers, très fortement encouragés à participer et tous venus en civils. Un seul votant civil sortant d’un autre bureau essuyait très consciencieusement et longuement l’encre de son doigt avec un kleenex. Penaud il avoue très vite : « votet » [j’ai voté].</p>
<p>On nous répète : les gens ont fait la grasse matinée, ils viendront plus tard… En fait beaucoup de ceux qui veulent voter ont choisi de voter tôt pour profiter ainsi d’une journée chômée et d’un week-end de trois jours. Les téléphones sonnent les rumeurs circulent, il y aurait eu des émeutes localisées à Bouïra et Bejaïa, où des bureaux de vote auraient été saccagés.</p>
<div id="attachment_160"><a href="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070026.jpg"><img src="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070026-500x281.jpg" alt="" width="500" height="281" /></a>Bab-el-Oued, 10 mai 2012</div>
<p>À Bab-el-Oued, visite du très important centre de vote du Lycée Abdelkader. Les chiffres sont les mêmes qu’à Belcourt (environ 5%), la cour du lycée également calme. Seule la délégation de l’Union Africaine, menée par Joachim Chissano, crée de l’animation. Le dialogue est surréaliste entre Chissano et les journalistes : alors comment ça se passe ? non, pour vous comment ça se passe ? non vous d’abord, c’est nous qui posons les questions. Tout le monde est donc à la recherche d’information. Chissano s’amuse : aujourd’hui c’est nous qui demandons, demain, à 16h à l’hôtel Aurassi, nous parlerons lors de notre conférence de presse et vous pourrez nous questionner. L’un des délégués m’explique que pour l’heure tout se passe plutôt bien : dans d’autres lieux du monde, dit-il, « nous avons marché sur des cadavres pour aller d’un bureau à l’autre. » C’est vrai, qu’en Algérie, ça fait plusieurs années qu’on ne trouve plus de cadavres à l’angle des rues. C’est vrai aussi que le vote se déroule tranquillement, selon toute apparence. Et que les jeunes hommes rencontrés à l’extérieur du Lycée n’entrent pas dans le cahier des charges des observateurs, qui étudient le déroulement des opérations de vote dans le pays, et pas le niveau de frustration et de colère de ses habitants.</p>
<p>L’un de ces hommes au dehors avait sursauté à la question de savoir s’il avait voté, comme si nous allions, nous aussi, le harceler pour voter. Il crie que bien sûr les journalistes écriront qu’il a voté même si ce n’est pas vrai, que bien sûr ils déformeront ses propos, car personne ne dit la vérité. Il vomit sa rancœur dans une longue diatribe : l’adolescence gâchée par la guerre civile, le mal-logement, le pays perdu. Les Américains veulent venir ? Mais qu’ils viennent, on les accueille ! Manvotech ! comme un refrain. Jamais ce pays n’a rien fait pour nous. Manvotech ! Il sort quelques dinars de sa poche pour nous montrer l’étendue de sa fortune, nous montre sa chemise. Manvotech ! Ses amis acquiescent. Manvotewch ! Manvotewch ! Il hurle ce que tant de personnes nous ont répété aujourd’hui.</p>
<p>Mais pour les observateurs observants, il est hors-sujet. Ils sont tous hors-sujet.</p>
<div id="attachment_161"><a href="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070042.jpg"><img src="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070042-281x500.jpg" alt="" width="281" height="500" /></a>Bouïra, 10 mai 2012</div>
<p>Dans l’après-midi, nous prenons la route pour Bouïra, afin de savoir ce qu’il en est des émeutes. Sur la route, la douce musique de la radio nationale crée un curieux effet « Corée du Nord » : « L’élément marquant de cette demi-journée, c’est la forte présence des jeunes » indique un commentateur (Alger chaîne 3, 14h30). Rires dans la voiture. L’argumentation se déroule : le discours de Sétif du président de la république aurait mobilisé massivement les jeunes. Il est vrai que le président Bouteflika y affirmait que sa génération (c’est-à-dire celle de la guerre de libération) était désormais fatiguée, usée et désireuse de passer le relais : discours d’adieu pour  certains, il était perçu par d’autres comme une fausse promesse de départ pour mobiliser les votants. Il est devenu le pivot du discours officiel des médias lourds.</p>
<p>À Bouïra, où la participation est traditionnellement très élevée, elle ne dépassait pas les 20% vers 17h. Et effectivement, l’on y photographie notre première « votante », qu’un assesseur aide à prélever chacun des plus de quarante bulletins ( !) avant de passer dans l’isoloir. Rumeur : il y aurait eu des émeutes à Belcourt, d’ailleurs une vidéo a été mise en ligne. Mais nous y étions à l’heure dite, et n’avons vu aucune émeute. L’info s’avère une intox, confirmée par d’autres sources, et les vidéos des documents recyclés d’anciennes émeutes.</p>
<div id="attachment_162"><a href="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070048.jpg"><img src="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070048-500x281.jpg" alt="" width="500" height="281" /></a>Bouïra, 10 mai 2012</div>
<p>Direction la daïra de Mchadallah, où, dans le village de Saharidj, les citoyens ont mis à sac les bureaux de vote dès le matin et détruit les urnes pour empêcher l’élection. Alors que l’émeute s’était interrompue, en début d’après midi de nouvelles urnes ont été apportées depuis Bouïra. Elle a repris et est toujours en cours à notre arrivée, les CNS faisant l’objet de lancers de pierre nourris et constants. L’énervement est monté depuis le matin, et la foule d’émeutiers (entièrement masculine) se demande si nous ne sommes pas des agents de police venus les photographier en vue d’arrestations à venir, comme c’est si souvent le cas. La phrase « je suis historienne » rend tout le monde perplexe. M’enfin, il semble clair qu’aucun agent des services n’utiliserait jamais une excuse aussi parfaitement incongrue. Sur le départ, nous sommes accompagnés d’une version nouvelle du slogan du jour : « ulac vote ! » [pas de vote].</p>
<p>Sur le chemin du retour, radio-Corée-du-Nord poursuit son discours halluciné, déconnecté de toute réalité : « Les citoyens sont toujours fiers d’accomplir le devoir électoral. » (Alger Chaîne 3, 19h30).</p>
<p>Manvotech.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_166"><a href="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070055.jpg"><img src="http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/761/files/2012/05/P1070055-500x281.jpg" alt="" width="500" height="281" /></a>Saharidj, 10 mai 2012</div>
<p>***</p>
<p>Étais-je historienne en ce 10 mai de vote ? Ce soir, je pense aux sources, à la nécessité de savoir quand il n’existe pas de documentation fiable, à l’utilisation d’entretiens, aux rencontres que comme historien(ne) l’on fait sur le terrain avec des gens qui sont aux prises pas seulement avec leur passé mais avec le présent de leurs vies et avec les combats actuels. Aux risques que peut-être l’on courre et que l’on fait courir.</p>
<p>Je n’étais pas si loin de mon métier, je crois, aujourd’hui. Il est minuit, le FLN revendique une <a href="http://www.tsa-algerie.com/politique/l-alliance-de-l-algerie-verte-premiere-a-alger-selon-hadibi_20669.html">victoire nationale</a>. Pour le reste, j’y penserai demain.</p>
<div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><em>Ce texte doit presque tout aux camarades journalistes qui m’ont embarquée dans leur travail quotidien. Merci à eux.</em></p>
<p><a title="" href="http://texturesdutemps.hypotheses.org/156#_ftnref">[1]</a> Le vote des Algériens de l’étranger est réparti sur plusieurs jours, permettant des reportages d’ambiance qui sont aussi des appels au vote à destination de la population de l’intérieur.</p>
<p><strong>Le blog de Malika Rahal</strong> : <a href="http://texturesdutemps.hypotheses.org/" target="_blank"><strong>Texture du temps</strong></a></p>
</div>
</div>
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		<title>Algérie : On prend les mêmes et on continue !</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 16:32:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>redaction3</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On reprend les mêmes et on recommence. FLN, RND et HAMAS (accompagné par ses nouveaux amis islamistes de l’alliance verte) se retrouvent comme en 2007, très largement majoritaire dans un parlement croupion dénué de toutes prérogatives. Comme en 2007, comme en 2002 et en 1997, les partis du régime, FLN [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/Saharidj.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2969" title="Saharidj" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/Saharidj-300x162.jpg" alt="" width="300" height="162" /></a>On reprend les mêmes et on recommence. FLN, RND et HAMAS (accompagné par ses nouveaux amis islamistes de l’alliance verte) se retrouvent comme en 2007, très largement majoritaire dans un parlement croupion dénué de toutes prérogatives. Comme en 2007, comme en 2002 et en 1997, les partis du régime, FLN et RND, obtiennent du reste, la majorité à eux d’eux, sans avoir besoin de qui que ce soit. Le rideau du spectacle organisé par le régime algérien vient de tomber. Circulez, il n’y a rien à voir. Ceux qui espéraient, un changement dans ou par le régime en sont pour leurs frais et leurs désillusions. Pour leurs élus, cependant, l’illusion si c’en était une, s’accompagnera de très gros salaires et d’avantages très « appréciables ». Pour les militants et les sympathisants, qui ont cru aux discours, la déconvenue est lourde et risque d’être fatale, emportant ce qui reste de motivation et de confiance. Exit, le sauvetage de l’Algérie, c’est le régime qui a gagné du temps. Exit, la menace de l’OTAN, le retour aux années de sang, et tous les « bourourous » du coin, agités à tout va pour jouer la peur. Fidèle à lui-même, le régime, a encore une fois, réussi à utiliser l’attrait du pouvoir et à se servir de la force aimantée de la « mangeoire » pour attirer les chalands avant de renvoyer dans les cordes tous ceux qui y ont succombé. Cependant, en gonflant d’abord la participation pour les besoins de la communauté internationale et en gardant à l’intérieur, le FLN et le RND, le régime, trop sûr de lui, rend indirectement service à tous ceux, et ils sont nombreux, qui avaient rejeté la mascarade électorale. Les citoyens, les militants, les acteurs politiques qui ne croient pas que ceux qui ont fait la dictature et l’autoritarisme, puissent faire la démocratie, sortent renforcés et crédibilisés par cette arrogance. Ces résultats sont la preuve, une de plus, que ce régime n’est nullement disposé, ni à s’ouvrir, ni à se réformer et encore moins à un changement. Faisant fi de tous les bouleversements qui secouent le monde et en particulier notre région, le régime algérien poursuit sa politique de l’autruche et à travers ce résultat, signifie à tous qu’il entend se maintenir contre vents et marrées, contre le sens de l’histoire. Finalement, comme à son habitude, le régime a roulé dans la farine tous ceux qui l’ont suivi, leur octroyant un rôle de figurant, dans un scénario écrit sans eux. Dans le même temps, ce « mauvais tour » à ses nouveaux alliés, conforte ceux qui considèrent que le changement se fera en dehors. Il appartient dès lors, à ceux qui se battent, de prendre conscience que le changement radical de système est à venir, de poursuivre leur travail pour le préparer, à commencer par se rassembler, s’organiser et présenter aux algériens une alternative politique crédible et visible de tous.</p>
<p>Yahia Bounouar</p>
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		<title>Fichier électoral : 10 centenaires dans un même village !</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 15:45:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>redaction3</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Afin de gonfler le taux de participation, le régime fraude comme il peut et notamment en utilisant la vieille formule qui consiste à faire voter les morts. Dans la seule commune, d’El-Khenk (daira d’Ain El Madi, wilaya de Laghouat),  on retrouve d&#8217;un seul coup huit centenaire, dont deux d’entre-elles, Nakhla [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/briya.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2959" title="briya" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/briya-233x300.jpg" alt="" width="233" height="300" /></a>Afin de gonfler le taux de participation, le régime fraude comme il peut et notamment en utilisant la vieille formule qui consiste à faire voter les morts. Dans la seule commune, d’El-Khenk (daira d’Ain El Madi, wilaya de Laghouat),  on retrouve d&#8217;un seul coup huit centenaire, dont deux d’entre-elles, Nakhla Bensalah et Setti Benmbarek sont nées en 1900, 112 ans. Un véritable record à envoyer immédiatement au livre des records, le fameux Guinness. Selon le site Algerie-Express qui rapporte l&#8217;information, le président de la commission, M Boussedra Sassi a établi une liste de dix personnes décédées et qui figurent toujours sur le fichier électoral communal. Le rapport envoyé au chef de daïra concerné est resté lettre morte.<br />
Pour <a href="http://algerie-express.com/" target="_blank">Algerie-Express</a>, &laquo;&nbsp;ces incidents se multiplient un peu partout sur le territoire national au moment où éclate dans la presse une violente polémique opposant la délégation de l’Union européenne et le gouvernement algérien sur l’accès des observateurs au fichier électoral aux niveaux national, wilayal et communal&nbsp;&raquo;.<br />
<strong>KalimaDZ</strong></p>
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		<title>Dans les quartiers populaires d&#8217;Alger, un seul mot : &#171;&#160;Manvotich&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 11:56:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>redaction3</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alger le 7 mai 2012. &#160; &#160; Dans les quartiers populaires d’Alger, là ou bat le pouls du pays, là ou éclatent les joies et les colères, les citoyens, jeunes et moins jeunes vaquent à leurs occupations, en fait, à leurs préoccupations. Du levé du jour à très tard dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/emeutes-a-bab-el-oued-alger-staouali-tipaza-fouka-djelfa-l-algerie-gronde-de-colere-300x284.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2954" title="emeutes-a-bab-el-oued-alger-staouali-tipaza-fouka-djelfa-l-algerie-gronde-de-colere-300x284" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/emeutes-a-bab-el-oued-alger-staouali-tipaza-fouka-djelfa-l-algerie-gronde-de-colere-300x284.jpg" alt="" width="300" height="284" /></a></p>
<p><strong>Alger le 7 mai 2012.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans les quartiers populaires d’Alger, là ou bat le pouls du pays, là ou éclatent les joies et les colères, les citoyens, jeunes et moins jeunes vaquent à leurs occupations, en fait, à leurs préoccupations. Du levé du jour à très tard dans la soirée, les algériens qui vivent en ces lieux « courent » après un mieux survivre. Pour les jeunes, il s’agit avant tout de gagner de quoi passer la journée. Une petite « bricole » pour s’acheter ses cigarettes, boire son café avec les amis. Mohamed, qui travaille dans une administration, quitte le bureau à 16h. « Avec un salaire de 14000 dinars, je suis obligé d’aller faire un deuxième petit boulot. J’aide de 16h à 21h, un parent qui tient un kiosque à sandwich pour avoir un second salaire. Je suis le seul à travailler dans la famille.» Autour de lui, ses amis, ses compagnons d’infortune qui traînent à longueur de journée leur oisiveté. Le voisin de Mohamed, Lias, ne travaille pas, n’a jamais travaillé. « Le matin, je pose un étalage sur le trottoir pour vendre des produits, du cosmétique, des vêtements féminins, des produits alimentaires et quand il n’y a rien, je vends des cigarettes. Ça ne rapporte pas beaucoup, il faut faire attention à la police mais au moins j’arrive à gagner de quoi meubler la vie. » C’est ainsi pour tous les autres. Sur la vingtaine de jeunes, seul Mohamed travaille, « un coup de chance, et un petit piston. Il n’y a pas de travail pour nous, seulement la débrouille, les combines et souvent des petits passages en prison.» « la situation s’est durcit », raconte Lias, « depuis plusieurs mois, les jeunes sont emprisonnés pour un rien. Un mot de travers à un policier, un joint trouvé dans la poche du blouson et c’est la prison, même pour ceux qui n’ont aucun antécédent judiciaire. Tous les jeunes ou presque ont un casier judiciaire salit. On comprend maintenant pourquoi le pouvoir construit des prisons un peu partout. A leurs yeux, nous sommes des voyous, des « arrayas ». « On a l’impression qu’on gène, que s’ils pouvaient se débarrasser de nous définitivement, ils le feraient sans hésiter. »  De Bab El Oued etla Casbahà El Harrach et Badjarah, de Ain Naadja à Belouizdad à Oued Ouchayah et Baraki, de Bordj El Kiffan et Ain Taya, à la vaste plaine dela Mitidja, une autre Algérie, jeune, sans espoir, survit au jour le jour. Aucune usine aux alentours pour donner du travail en dépit des centaines de milliards de dollars, aucun réseau de petites et moyennes entreprises pour embaucher cette jeunesse en désarroi. La seule solution, « c’est la harga », reprennent en chœur, tous les jeunes. «  Un conteneur, une barque, une chaloupe, un vrai ou faux visa, qu’importe le moyen, l’essentiel est de partir. » Partir pour espérer, seulement espérer, tant leur pays n’offre que le désespoir.</p>
<p>Quand on évoque les élections du 10 mai, c’est le brouhaha immédiat. « Voter, pourquoi voter ? Je n’ai jamais voté dit Mohamed et ça n’a jamais gêné personne, alors pourquoi cette fois veulent –ils absolument nous faire voter ? Qu’ils continuent à voler nos richesses mais qu’ils ne viennent pas nous demander en plus notre bénédiction. De toute façon, ici personne n’a de carte d’électeur et personne ne votera. Tout au plus, les candidats et leurs familles». Comme une traînée de poudre, « Manvotich » s’est répandu à travers tout Alger. On ne sait comment, ni qui l’a lancé, mais c’est devenu le Mot de ralliement de cette ceinture surpeuplé. « Dans notre quartier », poursuit Mohamed, il n’y aura pas plus de 3 ou 4% et c’est pareil partout. »</p>
<p><strong>Yahia Bounouar</strong></p>
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		<title>Le changement pacifique est à portée de mains</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 16:12:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>redaction3</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La réunion  autour de l’initiative de changement démocratique qui s’est tenue le 4 mai 2012, à Alger et à Genève par vidéoconférence a lancé un processus politique que le  régime aura bien du mal à stopper. Porté par la volonté de la très grande majorité des citoyens qui aspire à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/318218_10151011113684985_789814984_9535653_1529408888_n.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2944" title="318218_10151011113684985_789814984_9535653_1529408888_n" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/318218_10151011113684985_789814984_9535653_1529408888_n-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>La réunion  autour de l’initiative de changement démocratique qui s’est tenue le 4 mai 2012, à Alger et à Genève par vidéoconférence a lancé un processus politique que le  régime aura bien du mal à stopper. Porté par la volonté de la très grande majorité des citoyens qui aspire à un changement radical du système politique en place depuis l’indépendance du pays, cette dynamique cherche avant tout à rassembler au-delà des contingences idéologiques. Contrairement à ce qu’affirme un site d’information très proche des services de renseignements, dirigé par le fils du général à la retraite Khaled Nezzar, il n’y avait pas de « cadres du FIS » et ce parti n’a été associé, ni de près, ni de loin, à cette réunion. Un rapide aperçu, du reste, des signataires présents et des soutiens déclarés, lève toute équivoque. Il y avait bien, par contre, des représentants de la société civile qui activent sur le terrain, des représentants de différents courants politiques y compris le courant islamiste, des militants des droits de l’homme, des chômeurs qui se battent chaque jour pour leur dignité, des anciens de l’ANP, rejetés avec mépris après avoir servi leur pays, des anciens responsables politiques qui avec courage ont reconnu avoir fait fausse route, des familles de disparus qui réclament courageusement vérité et justice. Cette première réunion organisée à Alger et à Genève, qui a regroupé de nombreux acteurs politiques, des universitaires et des scientifiques, a jeté les bases d’une conférence nationale pour un changement démocratique radical et pacifique.</p>
<p>Le projet de plateforme qui a été discuté, comporte les conditions et les méthodes de ce changement. Autour de quatre grands principes ( la radicalité du changement, l’attachement à la non-violence, la préservation de l’unité nationale et territoriale et l’instauration d’un état de droit), cette initiative a vocation à rassembler tous ceux qui s’y  reconnaissent, sans aucune exclusion. Elle propose également une feuille de route pour une période de transition indispensable, avec comme socle, l’élection d’une assemblée constituante pour refonder une Algérie, démocratique, plurielle, apaisée et mettre en place une autorité politique légitime et forte du soutien du peuple pour affronter les défis internationaux. Cette plateforme, proposée comme projet, reste ouverte à toutes les discussions, remarques et amendements. Elle devrait être adoptée lors de la conférence nationale qui se tiendra prochainement et elle constituera un texte de base pour une dynamique populaire vers un changement démocratique.</p>
<p>Porteuse d’une inévitable explosion, la situation du pays, impose aujourd’hui, plus que jamais, de se rencontrer, d’échanger, de débattre, chacun avec sa sensibilité et ses convictions pour trouver ensemble une solution pacifique à l’impasse dans laquelle le régime bloque l’Algérie. C’est ensemble que nous contourneront l’affreux dilemme dans lequel le régime cherche à nous enfermer  et qui consiste à dire avec cynisme : le régime ou le chaos.</p>
<p>Le régime actuellement en place, chacun le sait, chacun en convient, publiquement ou à demi-mots, y compris en son sein, est devenu, non plus seulement un facteur de blocage, un élément de non développement, mais une menace pour le pays. Son illégitimité, son incompétence, sa logique prédatrice dans la gestion des richesses du pays, son isolement sur la scène internationale et régionale en font le régime le plus faible depuis l’indépendance.</p>
<p>Cela met l’Algérie, tout entière, dans une situation très inconfortable. Face à cette situation, il nous appartient, de proposer à nos concitoyens une autre voie, un autre avenir, dans la démocratie et la souveraineté du peuple, dans le travail et le mérite, la compétence et la transparence, la justice et l’égalité devant la loi.</p>
<p>Le changement pacifique est possible. Il est même à portée de main, à condition de commencer par s’écouter, se parler, se comprendre, comprendre les craintes des uns et des autres, sortir des procès d’intention, se parler en partenaires et non plus en adversaires, unis, au bout du compte, par l’Algérie et son devenir.</p>
<p><strong>Yahia Bounouar</strong></p>
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		<title>Initiative pour un changement démocratique : premières réunions à Alger et Genève</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 16:11:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>redaction3</dc:creator>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>

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		<description><![CDATA[Communiqué de Presse 4 mai 2012  Deux rencontres ont été tenues aujourd&#8217;hui, l’une à Alger et l&#8217;autre à Genève, pour rassembler des Algériens en vue d&#8217;échanger au sujet de la situation en Algérie. Les participants ont convenu que la crise que vit le pays est causée par les politiques catastrophiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/Rencontre-Alger1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2934" title="Rencontre-Alger1" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/05/Rencontre-Alger1.jpg" alt="" width="448" height="178" /></a><strong>Communiqué de Presse</strong></p>
<p align="center"><strong>4 mai 2012</strong></p>
<p> Deux rencontres ont été tenues aujourd&#8217;hui, l’une à Alger et l&#8217;autre à Genève, pour rassembler des Algériens en vue d&#8217;échanger au sujet de la situation en Algérie. Les participants ont convenu que la crise que vit le pays est causée par les politiques catastrophiques suivies par un pouvoir illégitime et impopulaire, durant plus d&#8217;un demi-siècle, consacrant le despotisme, la corruption et la médiocrité, instillant la désespérance dans les cœurs des Algériens et leur faisant perdre l&#8217;espoir en une vie décente dans un pays pour lequel se sont sacrifiés des millions.</p>
<p>Les participants ont aussi discuté d’un projet de « Plateforme nationale pour une véritable transition démocratique en Algérie » visant à proposer une alternative au peuple algérien pour sortir de la crise multidimensionnelle qui s’aggrave au point de représenter une menace pour l’unité du pays.</p>
<p>Parmi les principes essentiels de la plateforme nationale figure le changement radical du système politique par les moyens pacifiques en vue de l’établissement d’un Etat de droit, loin de toute ingérence étrangère, dans une Algérie véritablement indépendante et unie.</p>
<p>Après des discussions riches durant toute la journée, les participants ont convenu ce qui suit :</p>
<p>1-  Valoriser le projet de plateforme nationale pour une véritable transition démocratique en Algérie et le diffuser le plus largement possible afin que le peuple algérien en prenne connaissance et participe à son enrichissement ;</p>
<p>2-  Constituer un Comité de suivi dont la mission est d’effectuer davantage de contacts avec les acteurs politiques et les militants actifs de la société civile, afin d’en associer le plus grand nombre à la plateforme nationale ;</p>
<p>3-  Le comité de suivi est chargé d’organiser prochainement une deuxième rencontre à Alger afin de finaliser la plateforme nationale.</p>
<p>Nous appelons tous les Algériens et les Algériennes, là où ils se trouvent, conscients des risques qui menacent notre pays, et tous ceux qui rejettent les fausses réformes, y compris la prochaine mascarade électorale, et qui aspirent à un changement pacifique réel, à participer à cette plateforme nationale ouverte sans exclusion, et à l’enrichir et œuvrer à son succès.</p>
<p>Dans ces moments difficiles, nous n’avons, en tant qu’Algériens, d’autre choix que de nous unir et coopérer pour sauver notre cher pays.</p>
<p>Fait le 4 mai 2012</p>
<p><strong>A) Liste des participants</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>1. Abdennour Abdelli</p>
<p>2. Abbas Aroua</p>
<p>3. Younes Behloul</p>
<p>4. Tahar Belabes</p>
<p>5. Farid Benaouda</p>
<p>6. Mohamed Benbabaali</p>
<p>7. Badreddine Bendris</p>
<p>8. Abdelatif Benkhelfa</p>
<p>9. Abdallah Bennaoum</p>
<p>10. Marouane Bezoui</p>
<p>11. Thamer Blaghma</p>
<p>12. Kamel Boumaraf</p>
<p>13. Yahia Bounouar</p>
<p>14. Hassan Bouras</p>
<p>15. Mohamed Chabboub</p>
<p>16. Hakima Chambasi</p>
<p>17. Mohamed Daadi</p>
<p>18. Kamel Djeddi</p>
<p>19. Hocine Djidel</p>
<p>20. Kamaleddine Fekhar</p>
<p>21. Abdallah Ghennai</p>
<p>22. Lakhdar Ghettas</p>
<p>23. Nassima Guettal</p>
<p>24. Amor Guidoum</p>
<p>25. Mustapha Habes</p>
<p>26. Abderraouf Hadjadj</p>
<p>27. Slimane Hamitouche</p>
<p>28. Zoubir Hammoudi</p>
<p>29. Salah Houamed</p>
<p>30. Amine Lakhdar</p>
<p>31. Fouad Lammouchi</p>
<p>32. Mohamed Mekhiouba</p>
<p>33. Yahia Mekhiouba</p>
<p>34. Rachid Mesli</p>
<p>35. Mohamed Mokrane</p>
<p>36. Mohamed Mostefai</p>
<p>37. Youcef Nedjadi</p>
<p>38. Farida Ouaghlissi</p>
<p>39. Rachid Ouchen</p>
<p>40. Abderrahim Rakik</p>
<p>41. Bachir Rakik</p>
<p>42. Nasreddine Rarbou</p>
<p>43. Yacine Saadi</p>
<p>44. Rabah Sam</p>
<p>45. Habib Souaidia</p>
<p>46. Mohamed Soualmi</p>
<p>47. Kassem Soufghalem</p>
<p>48. Redouane Tafet</p>
<p>49. Nazim Taleb</p>
<p>50. Malik Tigziri</p>
<p>51. Rédha Tobal</p>
<p>52. Mohamed-Larbi Zitout</p>
<p>53. Tahar Zitout</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>B) Liste des citoyens qui soutiennent l’initiative et n’ont pas pu assister à la réunion (par ordre alphabétique)</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>1. Abdelhamid Ali-Ammar</p>
<p>2. Abderahmane Azeli</p>
<p>3. Amel Baba</p>
<p>4. Mabrouk Benattia</p>
<p>5. Ali Benouari</p>
<p>6. Moussa Bourfis</p>
<p>7. Abdelkader Boutaleb</p>
<p>8. Mostefa Brahami</p>
<p>9. Kadour Chouicha</p>
<p>10. Mourad Choukri</p>
<p>11. Abdelkader Dehbi</p>
<p>12. Mourad Dhina</p>
<p>13. Mounir Djaghim</p>
<p>14. Malik Djoudi</p>
<p>15. Sidahmed Ghozali</p>
<p>16. Anouar Haddam</p>
<p>17. Salah Haffaf</p>
<p>18. Ahcene Kerkadi</p>
<p>19. Anouar Koutchoukali</p>
<p>20. Mahmoud Logbi</p>
<p>21. Hocine Malti</p>
<p>22. Manar Mansri</p>
<p>23. Mohammed El-Mekki Meskaldji</p>
<p>24. Mohammed Rahim</p>
<p>25. Mohammed Samraoui</p>
<p>26. Boudjema Selmia</p>
<p>27. Ahmed Simozrag</p>
<p>28. Brahim Younsi</p>
<p>29. Ahmed Zaoui</p>
<p>30. Rachid Ziani-Cherif</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Algérie : L&#8217;OTAN, le nouveau « bourourou » !</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 14:58:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KalimaDZ</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITE]]></category>
		<category><![CDATA[algerie]]></category>
		<category><![CDATA[bouteflika]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
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		<category><![CDATA[ouyahia]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous ne votez pas, vous aurez l&#8217;OTAN, si vous contestez trop le régime, l&#8217;OTAN interviendra. Si vous réclamez vos droits de citoyens, l&#8217;OTAN en profitera. Bref, c&#8217;est l&#8217;OTAN à toutes les sauces, avec comme message implicite, ou le régime reste en place ou le pays sera occupé par l&#8217;OTAN. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/04/maya.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2922" title="maya" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/04/maya-300x243.jpg" alt="" width="300" height="243" /></a>Si vous ne votez pas, vous aurez l&#8217;OTAN, si vous contestez trop le régime, l&#8217;OTAN interviendra. Si vous réclamez vos droits de citoyens, l&#8217;OTAN en profitera. Bref, c&#8217;est l&#8217;OTAN à toutes les sauces, avec comme message implicite, ou le régime reste en place ou le pays sera occupé par l&#8217;OTAN. Ces menaces directes émanent, non pas d&#8217;analystes, ni de chefs de partis politique en mal de notoriété mais du président de la république et reprise par le premier ministre.</p>
<p>De quoi parle t-on exactement ? Quelqu&#8217;un a t-il vu un soldat de l&#8217;OTAN en Tunisie ? En Egypte ? Au Yémen ? Et même en Syrie ou la clan Al Assad poursuit sa répression sauvage contre le peuple syrien ? La seule fois ou l&#8217;OTAN est intervenue c&#8217;est en Libye pour arrêter la folie meurtrière de l&#8217;ancien Roi des Rois d&#8217;Afrique qui avait commencé à bombarder son peuple en révolte, à l&#8217;arme lourde.</p>
<p>En effet, à l&#8217;inverse de la Tunisie, de l&#8217;Egypte, du Yemen et même la Syrie, avant qu&#8217;elle ne sombre dans la violence totale, l&#8217;ossature du régime algérien est constitué par la police politique (DRS) et non par un « dictateur » entouré d&#8217;un clan familial. Contrairement aux armées tunisienne, égyptienne, à l’écart des manœuvres politiques et des vagues de répressions, les chefs des services de renseignements algériens sont tous impliqués directement dans la décennie sanglante et dans le verrouillage politique. Dans l&#8217;hypothèse d&#8217;un changement radical de régime, ils risquent tous d&#8217;avoir à rendre des comptes devant la justice, de même que leurs clientèles qui s&#8217;est accaparées frauduleusement, par la corruption, une partie des richesses du pays. Comme pour la famille de l&#8217;ancienne régente de Carthage, Leila Trabelsi, ils sont confrontés au risque de devoir restituer les biens mal acquis, ou au minimum, d&#8217;avoir à s&#8217;en expliquer.</p>
<p>Une question s&#8217;impose. En agitant la menace d&#8217;une intervention de l&#8217;OTAN, le régime algérien veut-il faire passer le message, que comme Kadafi, ils serait prêt éventuellement à réprimer dans le sang toute demande de changement au point d&#8217;entrainer une intervention de l&#8217;OTAN? Est-ce là, le message subliminal que comporterait la menace répétée par Bouteflika et Ouyahia? En d&#8217;autres termes, le régime en place depuis un demi siècle, qui a mené le pays à l&#8217;impasse, au bord de l&#8217;explosion, serait-il prêt à l&#8217;atomiser, à déclencher une guerre civile, à risquer l&#8217;intervention étrangère, plutôt qu&#8217;envisager de passer le témoin pacifiquement. Au vu de ces menaces, on ne peut l&#8217;exclure.</p>
<p>Finalement, l&#8217;utilisation de l&#8217;OTAN, en remplacement de l&#8217;islamisme, comme un nouveau « bourourou » pour terroriser les citoyens et les pousser en masse vers les bureaux de vote, ne semble faire peur à personne. Les algériens qui en ont vu d&#8217;autres, ne prêtent aucune attention à ces agitations et sont déterminés à sanctionner le régime par un boycott massif.</p>
<p><strong>KalimaDZ</strong></p>
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		<title>VIDEO : Après l&#8217;immolation d&#8217;un jeune, Jijel en proie à l&#8217;émeute</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Apr 2012 14:53:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KalimaDZ</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITE]]></category>

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		<description><![CDATA[Plusieurs édifices publics ont été saccagés, dont le commissariat de police du quartier, et des affrontements entre la police et les manifestants se déroulent dans le centre ville de Jijel, après la mort du jeune homme. Un jeune âgé de 25 ans, Rachak Hamza, vendeur ambulant, s’est immolé par le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/04/306228_350875028308026_167266216668909_1002945_1880158356_n.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2909" title="306228_350875028308026_167266216668909_1002945_1880158356_n" src="http://lanationdz.com/wp-content/uploads/2012/04/306228_350875028308026_167266216668909_1002945_1880158356_n-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></strong></p>
<p><strong>Plusieurs édifices publics ont été saccagés, dont le commissariat de police du quartier, et des affrontements entre la police et les manifestants se déroulent dans le centre ville de Jijel, après la mort du jeune homme.</strong></p>
<p><strong>Un jeune âgé de 25 ans, Rachak Hamza, vendeur ambulant, s’est immolé par le feu ce matin à Jijel, suite à une altercation avec des agents de police. Le jeune homme a été transporté à l’hôpital de Jijel. Son état est jugé critique. Immédiatement après des émeutes ont éclaté dans la ville. Le commissariat du quartier populaire, Moussa, ou à eu lieu l&#8217;immolation a été entièrement brulé.  Les policiers ont complétement déserté le commissariat. Le siège de la wilaya a été attaqué par des jeunes en colère. Toute la ville de Jijel est paralysée : les commerçants ont baissé rideaux, plusieurs routes sont fermées à la circulation. Des instructions ont été données aux forces de sécurité d&#8217;arrêter toute personne prenant des photos ou vidéos. Il règne dans la ville une pesante atmosphère. En l’espace de deux heures les évènements avaient atteints une certaine ampleur.</strong></p>
<p>Video de l&#8217;incendie du commissariat de police.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/vkb-WhLAOSM" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe><br />
<strong>Les jeunes, rassemblés sur la voie, bloquant la route à toute circulation, avaient pris à partie la façade de la gendarmerie en y lançant des volées de pierres. Pas de réaction de la part des Darkis. Malgré les évènements, la police est invisible. Devant l’entrée de la Wilaya , quelques vitres du nouveau poste de garde avaient été brisées par des jets de pierres. La police y est en force, prête à toute éventualité. Même situation devant la prison de la ville. Les gardiens sont mobilisés et les accès sont fermés. Quelques voitures en stationnement ont leur lunette arrière brisée. Les administrations du centre ville avaient fermés après avoir donné congé à leur personnel.  La situation s&#8217;est  dégradée dans le centre de la  ville ou les jeunes sont regroupés par centaines.  </strong></p>
<p><strong><br />
</strong><br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/QuE_S3Wuvpk" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe></p>
]]></content:encoded>
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